Le modèle Minnesota est basé sur le programme en douze étapes créé par Robert Holbrook Smith et William Griffith Wilson en 1935. À l’époque, les alcooliques étaient enfermés en hôpital psychiatrique et n’étaient pas ou peu pris en charge : peu de traitements, faible coopération des soignants, rechutes très importantes après l’internement.
En 1948, sous l’impulsion d’Austin Ripley, l’hôpital Hazelden de Saint-Paul, dans le Minnesota, propose un programme de soins, qui sera l’ancêtre du programme Minnesota, et ouvre une unité spéciale pour les alcooliques, où ces derniers sont séparés des malades mentaux.
À partir de 1950, au Wilmar State Hospital, toujours dans le Minnesota, le programme de rétablissement Minnesota voit le jour grâce au Docteur Nelson Bradley. Des alcooliques en rétablissement sont formés en qualité de thérapeutes spécialisés et il est fait usage des douze étapes des Alcooliques Anonymes. En 1951 sort le premier livre écrit pour soigner les alcooliques et toxicomanes dépendants (le « Big book » des AA est paru pour la première fois en 1939).
Le concept du programme Minnesota repose sur le fait que l’alcoolisme est une maladie chronique (elle a une cause organique ou psychologique, elle a une ancienneté de plusieurs mois, elle impacte la vie quotidienne) :
La maladie peut donc se traiter et le traitement est l’abstinence totale de produits modifiant le comportement. Il est primordial de ne pas transférer son addiction vers un autre produit ou un comportement.
Il s’agit de mettre en place un psychothérapie cognitive et comportementale qui se concentre sur les causes (maladie des émotions) plutôt que sur les symptômes (obsession et compulsion). Le rétablissement de la personne est au centre du programme, par le biais d’une prise en charge pluridisciplinaire (amélioration de la condition physique, croissance spirituelle, dignité de l’individu).
Le travail est celui des 12 étapes, ce qui permet à la personne dépendante d’accepter sa maladie, d’admettre son impuissance face aux produits et enfin de lâcher prise.
Pour aider à atteindre l’abstinence totale, qui peut faire peur, plusieurs outils sont mis à disposition des patients :
Il s’agit d’aider les personnes à arrêter de consommer des produits et à retrouver un mode de vie équilibré. Il devient nécessaire, pour se rétablir, de changer ses comportements et notamment accepter de recevoir ses émotions.
C’est un programme d’action : nous ne sommes pas responsables de notre maladie mais nous sommes responsables de notre rétablissement. Trois principes guident les malades :
Ces principes sont mis en œuvre dans les groupes, grâce aux feedbacks (retours nourrissants), à l’identification, aux partages, à l’entraide et aux confrontations bienveillantes. Ils sont complétés par un travail psychologique individuel. Ce changement de mode de vie permet de garder le lien avec l’extérieur et les autres.
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En complément de l'article complet disponible ci-dessous, Aurore a également témoigné dans une vidéo que vous pouvez voir en cliquant ici.
Mon expérience en réhabilitation des dépendances m'a fait observer des caractéristiques essentielles pour débuter une relation saine avec un toxicomane et/ou un alcoolique abstinent.